Ce projet explore comment un simple bouton peut rendre visible ce que l’électricité domestique rend habituellement abstrait. En croisant données énergétiques , histoire des interrupteurs et projets de design existants, le travail propose des boutons-prototypes qui matérialisent la consommation (relief, lumière, effort) au moment même du geste, afin de transformer un « clic » automatique en expérience consciente de l’énergie.
Ce premier prototype est un interrupteur mural qui intègre un tube plasma dont la lueur varie en temps réel en fonction de la puissance électrique tirée par le circuit. plus la consommation augmente, plus le plasma s’intensifie
Ce second prototype remplace le tube linéaire par un anneau lumineux circulaire qui matérialise une « jauge » d’énergie disponible à l’échelle du foyer. Le plasma remplit progressivement le cercle pour indiquer, en temps réel, la part d’électricité que les habitant·es peuvent encore consommer tout en restant dans les plafonds recommandés par les scénarios RTE à l’horizon 2050.
Au centre, un smart knob rotatif et cliquable donne accès à des informations plus fines : mix énergétique du moment (part de renouvelables vs. fossiles), périodes où il est préférable de consommer parce que l’éolien ou le solaire produisent beaucoup, et au contraire moments à éviter car le réseau est sous tension. Le bouton devient ainsi un tableau de bord localisé, qui aide à synchroniser les gestes domestiques avec les dynamiques du système électrique, plutôt qu’avec une simple commodité immédiate.
Ce troisième prototype remplace la logique lumineuse par une forme auxétique qui se dilate physiquement au fur et à mesure de la consommation d’énergie quotidienne. Plus le foyer dépasse le seuil de usage « soutenable », plus le volume du bouton enfle et s’éloigne du mur, obligeant à fournir un effort supplémentaire pour l’atteindre et l’actionner, rendant sensible le fait que l’on consomme trop.
Une source lumineuse intégrée sous le relief continue de donner des informations
Ce quatrième prototype reste volontairement low tech en réactivant le principe mécanique des anciens compteurs électriques à disque. Un courant de Foucault, généré par le passage du courant dans une bobine, entraîne un rotor couplé à une petite pompe péristaltique qui fait circuler lentement de l’eau dans un sablier vertical.
Plus la consommation augmente, plus le débit de la pompe est important, accélérant la « chute » de l’eau et matérialisant physiquement le temps et le volume d’énergie dépensés, sans électronique complexe ni écran. L’interrupteur devient ainsi un micro-compteur analogique